18. nov., 2020

 

"Exhilarant, rafraichissant, fédérateur !"

Et si, pour les fêtes de Noël, vous rupiez des vaudoiseries en mots plutôt que des viennoiseries en lot.

Imaginez-vous dans votre cahute bien douillette, pedzant au coin du feu, à deux doigts de vous cailler dans votre sofa préféré, le ventre bien au chaud. Encore rogneux de l’emberlificotée que vous avez eu avec l’autre bobet du coin, vous peinez à piquer un roupillon. Du coin de l’œil, vous reluquez un ouvrage aguillé sur la pile de bouquins du tablard d’à côté. Vous l’attrapez de vos paluches sans tout faire déguiller et lisez « Vaudoiseries » Des mots en scène par Yves Schaefer. Vous vous souvenez que c’est un cadeau du joli butin que vous avez tchuffé l’autre soir.

Vous hésitez à reprendre votre clopet lorsque vous zieutez la couverture illustrant dans un paysage bien de chez nous, deux personnages de BD, dont l’un s’exclame : « Ça va roiller ! » Et là, sans n’y comprendre que pouic, l’écho de votre enfance raisonne aux souvenirs qui reviennent, et vous riguenatsez sans pouvoir vous arrêter. Epouairant le chat qui ne manque pas de s’ensauver, vous voilà à nouveau rapicolé. « Bon et la suite, ça donne quoi ?? ». En découvrant les pages suivantes, vous vous dîtes : « Crénom, il s’est sacrément bien dépatoillé cet Yves, il est bonnard c’bouquin ! Y’a même des lieux bien de chez nous. Vous voilà reparti de bonne pour toute la journée, en vous disant qu’il va falloir redzipéter cette découverte !

Yves Schaefer, graphiste et auteur vaudois, a illustré d’une manière ludique et originale, des expressions parfois oubliées de notre patois vaudois en les associant à des lieux et édifices de nos belles régions. Grâce à son style, il ouvre ce patrimoine immatériel à tous les âges. Ses illustrations amusantes et dotées d’un graphisme de bande dessinée ne laisseront personne indifférent et sauront égayer vos journées et offrir sans nul doute des occasions de rires et de partages pour ces périodes de fêtes qui approchent.

Découvrez les coulisses de cet oeuvre, en cliquant sur le lien ci-dessous 

https://www.facebook.com/watch/?v=613777786041012

 

 

6. sept., 2020

 

Sorite en octobre 2020 - BSN Press

« Le temps file et s’effile au goût de l’amertume »

Les esprits de nos auteurs helvétiques m’étonnent toujours. Qui à l’audace d’écrire un roman dans lequel la notoriété bienséante de Roger Federer et remise en question. Ce tennisman, adulé par la majorité des Helvètes, doué d’un talent qui n’est plus à démontrer, reflétant l’humilité, la simplicité et l’intégrité à chaque passage dans les médias, pourrait être, comme le dit l’auteur, invité à un jeu de massacre.

Dans son nouveau roman, Olivier Chapuis met en scène un auteur anonyme, en manque d’inspiration, qui, par jalousie ? Orgueil ? Semble exaspéré par la vie si « parfaite » de Roger Federer (RF). Ne comprenant pas d’où vient ce sentiment, il décide de l’analyser et demande conseil à un coach littéraire, Beat Kaufmann (BF).

« RF m’exaspère et je ne comprends pas pourquoi » […] « Ecris ! si tu as quelque chose sur le cœur, l’estomac ou la conscience, écris ! Si tu te sens mal, ou trop bien, écris ! Plutôt que de vomir ou de pourrir, plutôt que de cracher aux yeux des gens ou de retenir la boue qui déborde, écris ! écris ! ». – p. 4-5

Personnifiant son vécu, ses émotions, ses ressentis et ses idées les plus noires, l’auteur anonyme écrit ainsi son « texte », choisissant comme protagoniste principal, Axel Chang, « l’homme parfait ». Père de famille dévoué, mari aimant-aimé, employé modèle à qui la vie sourit, voit soudainement sa femme, durant le tournoi de Wimbledon, en ce 4 juillet 2003, développer une passion pour cette incroyable RF. Quand l’omniprésence médiatique d’un individu détesté provoque une psychose, s’installe alors « l’inertie à la catastrophe ».

Frappées d’un français correct, on pourrait penser que deux histoires écrites en parallèles s’emberlificoteraient, mais que nenni ! Les procédés de digression et d’alternance sont très bien maîtrisés. Des répétitions sont voulues pour mettre l’accent dans les premières pages, et l’humour cocasse de l’auteur est saupoudré avec parcimonie. Cependant, Olivier Chapuis démontre avec clairvoyance la force destructrice des racines d’amertumes accouplées à la jalousie du présent. Engendrant haine, division, vengeance et autodestruction, le « statut de victime » s’installe. Naît alors une réalité divergente, disposant de ses propres lois…

 


L'auteur

Né au siècle passé, un dimanche de Pâques, Olivier Chapuis triture et malaxe les mots pour en extraire un jus qu’il espère goûteux. Le désir d’écrire, il l’éprouve enfant déjà, lorsqu’il se met à écrire d’absurdes histoires de planètes inconnues peuplées d’êtres hybrides forcément hargneux. Plus tard, il se contente de la terre et de ses habitants, souvent hybrides et parfois hargneux, mais source intarissable d’inspiration.

Contacter l'auteur via : Blogs des auteurs

 

 

9. juin, 2020

"Une athmosphère étrange recèle de cette terre... "

L’expérience vécue en Australie semble apporter à l’auteure une plus forte maturité dans ses mots, ses réflexions, son regard, ses gestes, ses préparatifs. Pour notre plus grand bonheur, son style littéraire égal à lui-même et sa sensibilité nous permettent toujours de palper l’impalpable.

Ce nouveau voyage stratifie le précédent, comme un cheminement plus complet, plus réflexif, innovant dans la logistique et les préparatifs. Le dos de Sarah s’allégera, ses pieds quitteront le sol pour quelques jours, son chien D’Joe n’ayant pu l’accompagner aura, pour un temps fugace, été remplacé par un camélidé au caractère bien trempé. Des moments pittoresques vous feront « pouffer » de rire et apporteront légèreté et « fun » pour le plus grand plaisir de son frère, fidèle pilier en coulisses.

A l’instar des anciens récits de voyageur, quelques images trônent au centre du livre, mémoire flash de moments vécus. Dans cette édition, l’aménagement intérieur est plus artistique, ce qui n’est pas pour me déplaire. Une teinte ponctuelle, délicate, sensible et originale soutient le texte grâce aux illustrations en noir et blanc de Janis Lachat. S’alliant au sens descriptif aiguisé de l’auteure, elles offrent aux lecteurs une substance essentielle : la transposition du passé au présent.

« La nuit, elles veillent sur moi

Dans le désert d’Atacama…

La tête entre mes mains, le corps bien au chaud dans mon sac de couchage, je suis enfin inactive, hors du mouvement. Le mental contemple, le corps reste, mes paupières ferment le rideau prématurément. Soudain, le froid me réveille […], je frisonne et pourtant le spectacle sous mes yeux me laisse encore une fois bouche bée. […]

Le sol est éclairé, je pourrais sans autre lire. La luminosité se dresse dans un argenté-grisonnant, mon oreille cherche sans trouver…. Le silence enfin, un silence intégral comme on a rarement l’occasion d’en vivre. Je m’abstiens de respirer et écoute avec mon corps, avec mes sens, mais aucune information ne m’est transmise ; il n’y a que le battement de mon cœur qui me rappelle sa présence, mes tempes semblent vouloir jouer du tambour.

La solitude me semble si douce et rassurante. Je ne suis pas seule, la voûte céleste me regarde de ses milles yeux, elle me fait penser à l’envergure de cette vie, de l’univers, mais en même temps, comme une enfant, je tends la main pour pouvoir toucher l’étoile qui semble la plus proche. Je ne sens rien de palpable, mes doigts cherchent sans succès, les étoiles sont lointaines, inaccessibles et pourtant, elles me regardent et me gardent. La quantité de points lumineux donne cet effet de luminosité, mais le plus inconcevable est cette traînée de poudre lumineuse qui a été déposée là, tel un chemin à suivre par un génie de « La Haut ». Mon cœur imagine au bout de ce parterre d’étoiles la porte d’un autre monde.

Les étoiles naissent sur ma gauche et se reposent sur ma droite, elles me semblent jaillir du sol. Je suis sur la moitié terre, mais je rêve d’un jour découvrir la maison des étoiles.

Le froid se fait plus mordant, je referme ma tente, m’enfonce un bonnet sur la tête et me replonge dans un sommeil profond, calée entre mon sac à dos et mes réservoirs. » - p. 148 à 150 

Bien d’autres moments comme celui-ci sont délectables dans son livre, mais le voyage de l’auteure n’est pas de tout repos. Elle y découvre les contrastes communautaires entre la Bolivie et la campagne péruvienne. Sous tension pendant deux mois, elle atteindra la Vallée Sacrée lors d’une étape libératrice qu’elle saura fêter d’un thé, comme à son habitude. A quelques jours de marche du Machu Picchu, elle demeure là, dans cette nature luxuriante, réalisant soudainement que son envie d’arriver est comme freinée par une force invisible …

 


L'auteure

Sarah Marquis est née le 20 juin 1972 à Delémont. Aventurière passionnée depuis son plus jeune âge, elle porte aujourd'hui le titre de National Geographic Explorer, vous pouvez suivre son parcours et l'ensemble de son oeuvre littéraire via www.sarahmarquis.ch.

 

7. juin, 2020

« A l’évidence, le ciel n’est pas partout pareil… »

Plongez quelques heures dans un espace-temps inhabituel, empreint de simplicité, d’authenticité et de pudeur. Cette histoire a été écrit il y a une quarantaine d’année par une auteure suisse inconnue du grand public et jamais éditée, Hélène Hämmerli-Schönenberg.

C’est dans le décor magnifique, mais néanmoins austère, des Alpes Valaisannes que l’auteure nous révèle le jeu imperceptible de destinées croisées. Mélangeant les procédés littéraires avec soins, narratrice omnisciente, elle souffle dans ce livre l’humeur du passé. L’ambiance particulière de ces films en noir et blanc ou de ces vieux livres dont l’odeur oxydée des pages reflète le temps qui passe. Colleen McCullough, écrivaine australienne, a écrit à la même période « Les oiseaux se cachent pour mourir ». Même si ce roman me semble trop longuet et détaillé, j’y retrouve cependant cette singulière humeur, rare dans la littérature contemporaine.

Dans son ouvrage, Hélène nous raconte l’insolite rencontre, dans un alpage abandonné, de deux être écorchés par la vie fuyant les affres de leur passé. Dans ces contrées, la vie rudimentaire impose un retour à l’essentiel. Un naufrage salvateur pour chacun, qui fait de cette histoire une romance pleine de grâce, de valeurs et d’altruisme.

« Sans faire aucun bruit, elle referma la porte sur ses illusions mortes. […] Un premier grondement de tonner la surprit et l’incita enfin à s’arrêter. Son regard interrogea le ciel dangereusement noir et les monts, hostiles peut-être, mais étrangement complices de son état d’âme. Elle se sentie indéniablement seule, selon son désir, dans une immensité pleine de mystères, de dangers pour les non-initiés. Un bref instant, elle lutta contre l’envie de s’asseoir là, sur le sentier, de laisser faire les événements […] Non, il fallait continuer, aller très haut et chercher un endroit propice à se cacher puis à en finir vite. » - p. 7-9-10

Nourrissant le désir d’étudier pour parfaire son goût de l’écriture, Hélène n’a pas eu la chance de pouvoir s’y consacrer. Soumise, comme chaque être, à sa propre destinée, elle chérira la littérature tout au long de sa vie, s’affirmant par quelques poèmes épars, et gardant dans l’ombre cette plume, seul indice d’un désir passé. 

« Si dans un cœur s’installe la peine, non la haine, si la foi en maintient une petite porte ouverte à autrui, rien n’est impossible. Que l’homme sache encore s’arrêter au bord du chemin, poser sur un enfant, une fleur, un chien fidèle, son regard ouvert et ravi, rien n’est jamais perdu. Qu’il reste sensible à la peine mais aussi à la joie d’autrui, alors, à n’importe quel moment, dans l’obscurité la plus profonde, peut se lever une aube nouvelle. » - p.126

En hommage à cette femme de 89 ans et à son amour pour la littérature qui nous unit, je pose ces quelques mots discrètement, laissant ainsi sur la toile du monde son empreinte pleine de sensibilité.  

« L’Alpage abandonné » a été autopublié en quelque centaine d'exemplaires en 1987 dans le Jura Bernois. Il s’agit de l’unique roman écrit par Hélène Hämmerli-Schönenberg.

 

« Attends ! Je vais marcher à travers les grands bois,

Voir jouer le soleil et les ombres mouvantes

Sans percer le mystère de mille voix

Qui disent aux rameaux mille choses troublantes »

 - Hélène Hämmerli-Schönenberg

 

Si vous souhaitez contacter l'auteure, n'hésitez à m'écrire via ----> Contact

 

4. juin, 2020

 

« Peu importe d’atteindre le sommet, c’est le chemin qui mène au sommet qui est essentiel »

Qu’est-ce que l’aventure ? Lisez Ella Maillart, Nicolas Bouvier, Jack London, Jean-Michel Cousteau ou bien d’autre encore… tous ont leur définition de l’aventure, parce que chaque être est unique, tout comme Sarah.

Dans son livre, Sarah nous accroche dès les premiers mots. Elle n’y va pas par quatre chemins. Elle apporte à sa narration chronologique quelques digressions parcimonieuses, évitant ainsi le risque d’un rythme monotone. D’un langage correct et familier, elle écrit avec simplicité, réalisme et sincérité ce qu’elle vit. Laissant parler tous ces sens, jusqu’à ses instincts les plus reptiliens, sans gêne et sans vergogne, elle nous emmène avec elle, pour autant que nous le voulions, marcher dans ses pas.

 

L’aventure : […] C’est se mettre dans une situation, un terrain, que le corps, l’intellect, l’esprit, l’inconscient ne reconnaissent pas, parce qu’ils n’ont jamais fait face à ces données. […] – p. 53

[…] Ce sont ces mois, ces semaines, ces jours, ces heures de marche, de survie, d’incertitude, de confiance en moi et en ce grand Tout… qui me donne une autre vision des choses. Ma peau absorbe les informations que lui donnent les éléments… mes sens peuvent enfin ressentir. - p. 182

Elle décrit des portraits de nature aride, belle, sauvage, l’obligeant parfois à user de ses « trucs et astuces » de survie. Un peu de pragmatisme qui plaira aux futurs aventuriers.

Les Gawlers Rangers

Arrondies, nues, rougeâtres… voilà qu’elles se présentent à moi, des collines qui semblent se parler entrent elles, une végétation semée harmonieusement au gré du vent.

Je ferme les yeux… le vent me caresse le visage, je m’arrête, respire l’espace d’un instant l’odeur de ces lieux. Cette nature est belle, nue comme l’essentiel.[…]

Il règne une atmosphère spéciale, douce et rassurante, […] Je remarque que cette beauté qui m’entoure ne peut être capturée ni sur papier ni sur bande vidéo. […] L’ensemble est magique, […] Je laisse le camp sous la surveillance de D’Joe et m’évade seule sur le haut de la première colline.

Le soleil se couche… Le rouge de ce décor prend un ton supérieur, d’une intensité vibrante. Je laisse mon esprit vagabonder librement, je ressens cette immensité m’envahir.

[…] Je regarde mes pieds avancer tous seuls ; je suis cette piste sableuse rouge depuis 3 jours, lorsque soudain, je sursaute… juste derrière moi, […] – p. 226 à 228

Les personnages, on se les imagine sans peine, grâce à son sens aiguisé de la description. Beaux, bruts, tannés, atypiques, touchant et d’une hospitalité exemplaire. Mais c’est sans doute sa sensibilité à la Vie qui l’entoure qui rend son récit si authentique et beau.

[…] Ils portent sur leur visage l’isolement, la chaleur, le vent, la poussière, et plus encore, mais leur cœur est ouvert à la Vie. […] – p. 113

L’aventurière des sables et le tout premier ouvrage autobiographique que Sarah a écrit. Elle y relate une traversée à pied spectaculaire, qu’elle a fait pendant 17 mois, à travers l’Australie, dans le Bush. Elle est partie d’Alice Springs le jour de ses 30 ans pour, source de sa démarche, découvrir la Vie et ses mystères.

[…] Je voulais entendre à nouveau mon cœur battre à la lumière des étoiles. Je voulais ressentir mon sang couler dans mes veines. Me sentir vivante, respirer par tous les pores de mon corps. […] – p. 280

Je ne connaissais pas Sarah Marquis avant la lecture de son livre, mais j’aime les récits de voyage, ceux qui nous projettent dans une aventure véritablement humaine, sans détail futile. J’ai apprécié chaque mot et m’associe sans difficulté aux réflexions sur la vie ainsi qu’aux valeurs que Sarah partage sur le respect de ce Tout qui nous entoure.

Un très beau récit de 14'000 km dans le bush où « chaque pas l’éloigne de ses schémas accumulés avec les années, faire peau neuve, rechercher la flexibilité de l’esprit et du corps, se plonger dans une situation de survie pour un réel changement de vie… »

Comme dirait Saraz : "Laissez votre âme toucher la terre... allez marcher"

 


L'auteure

Sarah Marquis est née le 20 juin 1972 à Delémont. Aventurière passionnée depuis son plus jeune âge, elle porte aujourd'hui le titre de National Geographic Explorer, vous pouvez suivre son parcours et l'ensemble de son oeuvre littéraire via www.sarahmarquis.ch.